Trois regards tournés vers le ciel

Aurélien Barrau: “Ce que vous nous avez montré là est minuscule!”

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Aurélien Barrau: “Ce que vous nous avez montré là est minuscule!”

Dans cette zone, chaque point scintillant représente une galaxie © Nasa

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Cet article est issu du numéro 86 de Philosophie magazine « 86 - février 2015 », en kiosque le 15 janvier 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Du point de vue d’un cosmologiste, ce qui est ici montré correspond à de “petits” ordres de grandeur. Ce n’est qu’un pas timide dans des strates d’immensités qui nous entourent. Il suffit d’observer une image du fond diffus cosmologique pour entrer dans un univers bien plus vertigineux, où chaque pixel représenterait la totalité des images de ce portfolio. Nous ne voyons donc là qu’une infime partie de l’univers observable. “Observable” ne signifie pas ce qu’on voit, mais ce qu’on pourrait voir avec un télescope infiniment puissant. Même avec un tel instrument, on ne pourrait pas voir infiniment loin : il y a un horizon. On peut penser à la vigie, qui, en haut d’un navire, scrute la mer avec une longue-vue parfaite. Elle ne pourrait pas voir au-delà d’un certain point à cause de la rotondité de la Terre. De même, avec un télescope infiniment puissant, on ne pourrait pas remonter “plus loin” que le big bang : un horizon sphérique, de quelques dizaines de milliards d’années-lumière de diamètre, centré sur la Terre, empêche d’observer au-delà. Pourtant, derrière cet horizon, il y a bien l’Univers dans son sens premier d’universus : la totalité de ce qui est. Mais, même cet universus pourrait être réinterprété comme un îlot dérisoire et contingent dans une nouvelle diversité. C’est ce que propose le concept récent de multivers ! Imaginez une structure gigogne avec des mondes imbriqués.

 
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