“One Love” au cinéma
Bob Marley, messager incandescent du rastafarisme
Bob Marley en 1980. © Marcello Mencarini/opale.photo
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À l’occasion de la sortie du film One Love de Reinaldo Marcus Green, consacré à Bob Marley, nous avons demandé au philosophe Norman Ajari d’aller voir le film et de revenir sur le sens politique et spirituel de l’engagement décolonial du chanteur, toujours d’une grande actualité.
Au XXIe siècle, un indicateur fiable de l’importance d’une figure dans la culture populaire est l’existence d’un long métrage dramatique retraçant sa biographie. Les héros de guerre comme les personnalités politiques, les despotes comme les artistes de la chanson, sont autant de sujets privilégiés pour les biopics hollywoodiens. Après le succès de Bohemian Rhapsody (2018) consacré au chanteur du groupe Queen Freddie Mercury, il n’est pas surprenant que la fascinante trajectoire de Bob Marley soit à son tour mise en images. Le film, titré Bob Marley: One Love, est réalisé par l’Afro-Américain Reinaldo Marcus Green.
La bande-annonce du film “Bob Marley: One Love” (en version originale sous-titrée).
Face à l’abondance de ces histoires de vie, une question simple permet généralement de reconnaître celles qui sont mises au service d’une véritable idée cinématographique. Est-ce que l’intérêt, la curiosité ou la passion que suscite le protagoniste sont causées par la mise en scène et l’écriture du film, ou découlent-elles naturellement de notre familiarité avec une figure historique éminente ? Malheureusement, le Bob Marley de One Love brille davantage dans nos mémoires qu’à l’écran, malgré la performance honorable de l’acteur Kingsley Ben-Adir. La faute à un script qui promène son protagoniste de part et d’autre de l’Atlantique sans trop en sonder l’intériorité.