Russie / Opposition

« Cinquième colonne » : qui est l’ennemi de l’intérieur ?

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Cet article est issu du numéro 88 de Philosophie magazine « Où avez-vous la tête ? », en kiosque le 26 mars 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Avant d’être abattu en plein Moscou, l’opposant Boris Nemtsov avait été dénoncé en tant que membre d’une hypothétique « cinquième colonne » qui chercherait à ruiner la Russie. Le philosophe russe Alexandre Koyré permet de comprendre ce que recouvre cette étrange notion.

Sur le Nouvel Arbat, la plus large avenue du centre de Moscou, en avril 2014 et en janvier 2015, le passant a pu remarquer d’immenses affiches. Elles représentent les portraits des opposants les plus célèbres à la politique du Kremlin : le blogueur anticorruption Alexeï Navalny, le chanteur de rock Iouri Chevtchouk, la romancière Ludmila Oulitskaïa ou encore Boris Nemtsov. Elles les accusent de faire partie d’une « cinquième colonne » financée par l’étranger. Ces happenings utilisent un terme remis au goût du jour par Vladimir Poutine. Lors de son discours célébrant l’annexion de la Crimée, le 18 mars 2014, le président russe soutient que « certains politiques occidentaux nous effraient déjà non seulement avec des sanctions, mais avec la perspective de l’aggravation des problèmes internes. On aimerait bien savoir ce qu’ils ont en vue : les agissements d’une cinquième colonne, un genre de “traîtres à la nation” ? ».

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