Rentrée littéraire
“Classe géosociale” : quand on vote avec ses pieds
Julia Cagé et Thomas Piketty. © Hermance Triay/opale.photo
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C’est l’un des grands livres politiques de cette rentrée : Une histoire du conflit politique (Éditions du Seuil, 2023), le livre monumental des économistes Julia Cagé et Thomas Piketty est sur toutes les lèvres, suscitant force analyses, commentaires et critiques. Parmi les éléments qui retiennent l’attention des lecteurs, l’emploi du concept de « classes géosociales ». D’où vient-il et que signifie-t-il sous la plume des deux auteurs ?
Après cinq ans de travail et l’épluchage de plus de 250 ans de données, Julia Cagé et Thomas Piketty viennent de faire paraître Une histoire du conflit politique. Élections et inégalités sociales en France (1789-2022). Dans cette somme ambitieuse, les auteurs proposent une histoire politique de la France depuis la Révolution française, à partir notamment d’une analyse du comportement électoral des Français au cours des trois derniers siècles. Ils mettent ainsi en exergue le retour, comme à la fin du XIXe siècle, d’une tripartion de la vie politique française, divisée en un bloc central aisé et deux autres partagés entre les classes populaires urbaines et rurales. On est frappé, au cours de la lecture, par l’emploi régulier du concept de « classes géosociales », qui se substitue à celui de la simple classe sociale, envisagée comme la place occupée dans le rapport de production.