Législatives 2022
Comme un air de IVe République… et alors ?
L’Assemblée nationale en 1956. De haut en bas et de gauche à droite : Édouard Bonnefous, Pierre Mendès France, François Mitterand, René Pleven, Edgar Faure... © Keystone France/Gamma-Rapho
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À l’issue des élections législatives, la coalition présidentielle n’a pas obtenu de majorité absolue. Une situation inédite depuis le passage au quinquennat, en 2000, et qui fut dans l’ensemble très rare sous la Ve République. Cela n’a pas échappé aux éditorialistes et commentateurs, dont beaucoup ont comparé la situation présente à la IVe République (1946-1958), réputée pour son instabilité. Mais ce régime était-il si dysfonctionnel que cela ?
Petite mise au point sur une période méconnue à partir d’un penseur qui a bien « pratiqué » ce régime, et même écrit sur lui : Raymond Aron.
Réaffirmer les principes républicains
La IVe République naît au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, après 70 ans de IIIe République et la parenthèse vichyste, fossoyeuse du modèle républicain. Entérinée par référendum le 27 octobre 1946, la Constitution de la IVe République est rédigée en vue de réaffirmer la primauté des principes républicains et, en même temps, de reconstruire rapidement le pays.
Pour cela, un certain nombre d’outils sont mis en place ou réaffirmés : pour rappeler que la République est de retour, la possibilité de déposer des motions de censure à l’encontre du gouvernement ; pour garantir une certaine stabilité institutionnelle, l’impossibilité de renverser les gouvernements autrement que par une majorité absolue des députés, d’un côté, et la possibilité de dissoudre l’Assemblée de l’autre.