Société
Constitutionnalisation du droit à l’avortement : qu’en aurait dit Beauvoir ?
Place du Trocadéro, Paris, le 4 mars 2024. Une femme serre le poing en dansant devant un écran affichant un slogan, “L’avortement est un droit fondamental”, lors de la retransmission de la convocation des deux chambres du Parlement pour ancrer le droit à l’avortement dans la Constitution française. © Dimitar Dilkoff/AFP
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« Simone de Beauvoir serait très émue, et elle serait fière aussi », a déclaré Claudine Monteil, historienne et amie de Simone de Beauvoir, à propos de la constitutionnalisation du droit à l’avortement. Mais qu’a dit réellement la philosophe à ce propos ?
Mettre l’avortement dans la Constitution est une manière de le sécuriser, de faire en sorte que ce droit devienne intouchable, qu’il ne soit plus remis en question par les crises politiques et les affres de l’histoire. Dans son livre Simone de Beauvoir et les femmes aujourd’hui (Odile Jacob, 2011), l’historienne Claudine Monteil rapporte que cette crainte de voir les efforts en faveur du féminisme anéanti par des lois réactionnaires était l’une des craintes de la philosophe. La formule est désormais célèbre :
“Vous aviez donc une fois de plus raison lorsque vous me répétiez qu’aucun droit des femmes n’est définitivement acquis. Il suffira d’une crise politique, économique et religieuse pour que ceux-ci soient remis en question”
Claudine Monteil, Simone de Beauvoir et les femmes aujourd’hui, 2011