Relations internationales / Stratégie
Demain, la guerre à l’ancienne ?
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Cet article est issu du numéro 141 de Philosophie magazine « Le bonheur est dans le près », en kiosque le 17 juillet 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Selon la nouvelle doctrine de l’armée de terre française publiée en juin, la « vieille » guerre entre nations est de retour, notamment après la pandémie qui a vu chaque État se fermer sur lui-même. Les intellectuels qui avaient prédit la fin des conflits classiques au profit de violences diffuses ont-ils donc tout faux ? Décryptage.
L’un des paradoxes de la crise du Covid-19 est que l’événement a été mondial mais qu’il a redonné de l’importance aux États. Chacun s’est affirmé en gérant la pandémie à sa manière – autoritaire, héroïque, souple ou décentralisée –, accentuant ainsi la concurrence entre les approches… Quant aux grandes institutions internationales, comme l’ONU ou l’Union européenne, on ne les a guère entendues. Est-ce un hasard si dans la foulée du déconfinement, les relations entre États se sont tendues à l’extrême ? C’est pendant la pandémie que les États-Unis et la Chine sont entrés en guerre froide. C’est juste après que l’on a assisté à des affrontements que l’on croyait réservés à d’autres temps. À la mi-juin, les armées indienne et chinoise se sont affrontées dans le Ladakh. Le même jour, la Corée du Nord a détruit un bureau de liaison avec sa voisine du sud dans la zone frontalière qui les sépare.