La citation
“Dieu, c’est-à-dire la nature” : la citation de Spinoza commentée
Baruch Spinoza. © Domaine public. Illustration © William L. pour PM
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L'affirmation « Dieu, c’est-à-dire la nature » apparaît à trois reprises dans l’Éthique (1677), de Spinoza. Le philosophe affirme que Dieu et la nature sont essentiellement la même chose. Voici ce qu’il faut vraiment comprendre par là.
Dieu, une substance infinie
Cette citation de Spinoza est extraite de l'œuvre majeure du philosophe hollandais, l’Éthique. Elle n’apparaît pas exactement en tant que phrase isolée mais est intégrée à trois reprises dans des développements plus larges, par exemple sous cette forme :
« La puissance qui permet aux choses singulières, et par conséquent à l’homme, de conserver leur être, est la puissance même de Dieu, c’est-à-dire de la Nature [Deus sive natura en latin]. »
Pour le philosophe, Dieu est une « substance » unique et parfaite, qui enveloppe tout : êtres animés ou inertes, humains ou non humains. Cette substance première se décline à l’infini, comme autant d’« attributs » du réel :
« Par Dieu, j’entends un être absolument infini, c’est-à-dire une substance consistant en une infinité d’attributs, dont chacune exprime une essence éternelle et infinie. »
Les hommes ne connaissent que deux de ses attributs, la pensée et l’étendue (qui forme les corps et tout ce qui est matériel).
D’un point de vue méthodologique, Dieu sert de point de départ à une série de démonstrations que Spinoza construit sur un mode géométrique, comme en entonnoir : Dieu est discuté dans la première partie de l’Éthique, puis il est question du corps, de l’esprit, d’éthique à proprement parler et enfin de béatitude. Comme le souligne Maxime Rovere dans notre dossier consacré à Spinoza, ce « Dieu est entendu comme un concept philosophique très abstrait, défini comme l’essence de l’existence, au cœur de notre vie terrestre ». Le Dieu de Spinoza est donc un principe moteur qui détermine tout ce qui existe.