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Dieu, une bonne idée… en morale?

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Cet article est issu du numéro 65 de Philosophie magazine « 65 - décembre 2012, janvier 2013 », en kiosque le 29 novembre 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Peut-on croire en un Dieu qui serait responsable du mal ? La grande question des Frères Karamazov de Dostoïevski hante toujours les philosophes. Et divise profondément croyants et athées.

Oui, elle ouvre à un Autre transcendant

Nathalie Sarthou-Lajus

« L’idée de Dieu peut nous aider dans notre vie morale, notamment lorsque nous sommes confrontés à l’expérience du malheur. Chercher à innocenter Dieu de l’existence du mal n’est pas une bonne approche. L’idée de Dieu ne résout rien : le mal est injustifiable. Elle peut pourtant nous aider à échapper à un désespoir sans recours – car il y a quelque chose d’abrutissant dans le malheur. Dans la Bible, Job, le juste persécuté, adresse sa plainte à Dieu. Il ne le ménage pas. “D’où vient le mal qui m’atteint ? Pourquoi me vise-t-il, moi qui ne suis coupable de rien ?” lui demande-t-il. Dieu ne donne pas d’explication. Mais Job, en s’adressant à Dieu, manifeste sa confiance en lui et finit par transformer sa plainte en une forme de sagesse spirituelle, qui consiste à aimer Dieu en dépit du mal. Dans la traversée du malheur, c’est cette capacité à aimer pour rien, à aimer d’une manière inconditionnelle qui est mise à l’épreuve, comme le dit Simone Weil : “Le malheur rend Dieu absent pendant un temps, plus absent qu’un mort, plus absent que la lumière dans un cachot complètement ténébreux. Une sorte d’horreur submerge toute l’âme. Pendant cette absence il n’y a rien à aimer. Ce qui est terrible, c’est que si, dans ces ténèbres où il n’y a rien à aimer, l’âme cesse d’aimer, l’absence de Dieu devient définitive” (Attente de Dieu).

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