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Édition génétique du corps : un pas de plus vers un futur posthumain ?

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Édition génétique du corps : un pas de plus vers un futur posthumain ?

© Schaferle Man/Pixabay

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C’est une petite révolution dans le domaine de l’ingénierie génétique. Une entreprise a réalisé la première démonstration clinique d’une procédure de modification génétique in vivo (directement dans le corps) chez l’être humain. Avec « l’édition génétique », pourrons-nous un jour modifier notre ADN sur commande ?


 

Le procédé tiendrait presque de la sorcellerie. Le traitement expérimental NTLA-2001 de la firme Intellia Therapeutics utilise des nanoparticules lipidiques pour acheminer l’outil d’édition – la technologie Crispr-Cas9 – jusqu’au foie, où il désactive un gène responsable de la production d’une protéine toxique (TTR) chez des patients atteints d’amylose à transthyrétine, une maladie génétique grave. Administré en une seule injection, le traitement conduit, selon cette étude, à une réduction rapide, importante et durable de la protéine pathologique. La porte s’ouvre à une nouvelle médecine capable de traiter à la source des maladies génétiques jusque-là difficiles voire impossibles à soigner.

La démarche vise ici à corriger thérapeutiquement pour soigner une maladie génétique. Mais entre l’élimination d’une pathologie héréditaire et la manipulation sélective du génome en vue d’une amélioration, il n’y a qu’un pas, qu’on peut être aisément tenté de franchir. Si la technologie d’Intellia Therapeutics entraîne une modification ciblée du génome dans un organe déterminé – sorte de devenir chimère –, on pourrait aussi bien envisager une réécriture globale de l’ensemble du code génétique de l’individu, investi du pouvoir de changer de fond en comble sa nature.

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