Russie / Politique

Ekaterina Schulmann : “Cette guerre est celle des dirigeants du pays et non celle du peuple”

Temps de lecture : 3 min

Ekaterina Schulmann : “Cette guerre est celle des dirigeants du pays et non celle du peuple”

Ekaterina Schulmann, professeur de sciences politiques à l’École des Sciences sociales et économiques de Moscou. © Lena Mucha/The New York Times/Réa

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 171 de Philosophie magazine « La chance, est-ce que ça existe ? », en kiosque le 06 juillet 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Alors que la contre-offensive ukrainienne a commencé, nous avons demandé à la politologue russe Ekaterina Schulmann de nous faire partager ses analyses concernant l’état de la Russie et l’avenir de son système politique.

 

Comment se répartit l’opinion russe à propos de la guerre en Ukraine ?

Ekaterina Schulmann : Environ un tiers des personnes sont pro-guerre et pensent qu’il était pertinent de débuter cette opération militaire. Ce ne sont pas vraiment des loyalistes, mais des militaristes, qui ont en majorité plus de 50 ans. Ils sont en train de devenir anti-Poutine, qu’ils ne considèrent pas assez efficace. Puis, un autre tiers pense que la guerre n’aurait jamais dû être lancée. Parmi eux, certains sont contre par principe, mais d’autres considèrent qu’étant commencée, il faut la gagner. C’est le cas d’Evgueni Prigojine. Enfin, le dernier tiers est conservateur et n’exprime pas d’opinion tranchée ou délègue les décisions aux dirigeants. Plus globalement, aux questions : « soutiendrez-vous un accord de paix ? » et « soutiendrez-vous une nouvelle marche sur Kyiv ? », plus de 60 % répondent oui aux deux. La majorité pense que cette guerre est celle des dirigeants du pays et non celle du peuple. Les dirigeants semblent être du même avis : au lieu d’appeler au patriotisme du peuple, ils offrent des avantages d’une ampleur sans précédent.

Cet article est réservé aux abonnés