Entretien exclusif

Élisabeth de Fontenay : “Les valeurs aristocratiques associées à la chasse à courre n'ont plus aucun sens”

Temps de lecture : 4 min

Élisabeth de Fontenay en 2017.

Élisabeth de Fontenay en 2017. © Vincent Muller/Opale/Leemage

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Les images de ce cerf traqué par des chasseurs à courre et trouvant refuge dans un chantier près de Compiègne le 19 septembre ont bouleversé Élisabeth de Fontenay. L’autrice du Silence des bêtes s’interroge sur la difficile coexistence de l’homme et de l’animal et plaide pour l’interdiction de la chasse à courre.

 

Comment avez-vous réagi en voyant cette photo de cerf réfugié sur un chantier ?

Élisabeth de Fontenay : J’ai découvert l’image à la télévision. Ce que j’ai vu spontanément, c’est un animal en détresse absolue. Je me suis demandé s’il avait été mordu par un chien ou s’il s’était blessé au cours d’une chute. J’ai ensuite appris, avec un certain soulagement, qu’il avait pu être sauvé et retourner dans la forêt. Ce qui me marque le plus, c’est que le cerf s’est échoué dans un non-lieu total, un chantier où aucun animal sauvage ne devrait jamais avoir à s’aventurer. On l’a chassé de son milieu naturel, du lieu de sa naissance, de ses amours, de sa mort future. Cette scène témoigne du fait que les chasseurs qui l’ont traqué étaient d’une totale incompétence, ils ont vraiment terrorisé le cerf et ont fait n’importe quoi. Le fait qu’ils aient forcé ce pauvre animal à quitter son territoire, ça montre qu’on ne sait plus chasser.

 

L’animal semble avoir trouvé symboliquement refuge chez les humains, comme s’il avait perçu une forme d’hospitalité en dehors de la forêt. Est-ce une interprétation que vous partagez ?

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