Exposition

Exposition “Salammbô”. Flaubert vu par Jean-Paul Sartre

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L’une des œuvres visibles au musée des Beaux-Arts de Rouen : “Salammbô et les Colombes”, de Georges-Antoine Rochegrosse (1895)

L’une des œuvres visibles au musée des Beaux-Arts de Rouen : “Salammbô et les Colombes”, de Georges-Antoine Rochegrosse (1895). © Dreux, musée d’Art et d’histoire Marcel Dessal

Alors que nous fêtons cette année le bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert, le Musée des Beaux-Arts de Rouen rend hommage à l’écrivain au travers d’une exposition consacrée à l’un de ses romans… mais pas Madame Bovary, comme on pourrait s’y attendre. Prenez vos bagages : adieu la Normandie du XIXe siècle, bonjour Carthage, au IIIe siècle av. J.-C.

Publié en 1862, Salammbô est un chef-d’œuvre étrange. Un certain malaise s’installe à la lecture, comme dans cette description du suffète Hannon : « De ses lèvres violacées s’échappait une haleine plus nauséabonde que l’exhalaison d’un cadavre. Deux charbons semblaient brûler à la place de ses yeux […] Les rides profondes qui formaient des demi-cercles autour de ses narines lui donnaient un aspect étrange et effrayant, l’air d’une bête farouche. » L’homme, l’animal et la matière inerte se mêlent en une composition chimérique repoussante.

Assurément, Salammbô n’est pas du goût de tout le monde. « C’est une merde », dira un jour Jean-Paul Sartre ! Ce qui ne l’empêchera pas de consacrer des dizaines de pages d’analyse passionnée à l’ouvrage, dans sa trilogie inachevée sur Flaubert, L’Idiot de la famille. Signe qu’au cœur même de la répulsion, le livre suscite chez le philosophe une profonde fascination. Explication.

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