Environnement

Faut-il choisir entre Vivaldi et la forêt brésilienne ? Le dilemme du pernambouc

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Faut-il choisir entre Vivaldi et la forêt brésilienne ? Le dilemme du pernambouc

Arbre pernambouc (Paubrasilia echinata) et archet. © Mauro Halpern/Flickr_CC BY 2.0 — © Rawpixel

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Faut-il préférer les violons aux arbres ? C’est l’étrange dilemme récemment posé par la COP20 Cites, qui a fini par trancher le 3 décembre… en faveur de Vivaldi. Derrière cette querelle se profile l’éternelle opposition entre nature et culture, défendue par Hegel, critiquée par Descola. 


Musique ou écologie ?

Faut-il sauver la forêt ou la musique ? C’était le choix cornélien implicitement soulevé par la COP20 Cites, la 20ᵉ Conférence des parties de la Cites (la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction), qui s’est tenue à Samarcande, en Ouzbékistan, du 24 novembre à aujourd’hui. Les membres examinaient la demande brésilienne de reclassifier le pernambouc – bois rouge indispensable à la fabrication des archets – en annexe I, un statut qui aurait quasiment interdit son commerce. Finalement, sous la pression des musiciens et de plusieurs États, et notamment d’Emmanuel Macron qui a appelé le président Lula, le Brésil a renoncé ce mercredi 3 décembre.

“Sans pernambouc, le matériel musical devra être remplacé par des instruments de moindre qualité compromettant grandement la justesse et la finesse des interprétations”

 

L’éternelle opposition entre nature et culture s’est ainsi invitée dans l’arène diplomatique. En l’occurrence, on dirait que la culture a « gagné ». Dans le monde de la musique, l’ensemble de la profession est soulagé. Les archetiers, les violonistes, les violoncellistes et plus largement tous les utilisateurs d’archets vont pouvoir continuer d’acheter des instruments produits dans ce bois rare. Ils pourront également passer la frontière avec des instruments sans avoir à demander une autorisation comme le prévoyait l’annexe I – une procédure lourde et quasi inapplicable pour les tournées internationales. Dans une tribune parue récemment dans Le Monde, luthiers et musiciens expliquaient à quel point l’utilisation des pernamboucs en vigueur depuis le XVIIIe siècle offrait des « qualités sonores et techniques » qu’aucune autre essence ne pouvait égaler. Si le pernambouc était passé sous ce régime de protection plus dur, il aurait fallu remplacer le matériel musical par des instruments « de moindre qualité, compromettant grandement la justesse et la finesse des interprétations ».

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