États-Unis
Gloria Steinem : quel féminisme après Trump ?
Gloria Steinem en 2017. © Brooke LaValley/The Columbus Dispatch via AP/Sipa
« Frontières fortes », « pas d’émeutes dans les rues », « puissance militaire », « soutien aux hommes et aux femmes dont on a profité pendant tant d’années » : à l’occasion de la Conservative Political Action Conference lors de laquelle il a pris la parole, l’ex-président Donald Trump a ainsi présenté l’héritage et l’avenir du trumpisme. Bilan hagiographique s’il en est. Le mandat de Trump laisse pourtant de profondes déchirures dans la société américaine. Le féminisme, en particulier, a pris du plomb dans l’aile.
« Nous sommes arrivés au moment du retour de bâton parce que nous gagnons », nuance l’essayiste féministe Gloria Steinem, l’une des héroïnes de la série Mrs America, dont nous retraçons le parcours engagé dans le nouveau numéro de Philosophie Magazine. À ses yeux, le trumpisme n’est que l’expression du ressentiment d’une frange masculiniste de l’électorat, qui n’accepte pas l’érosion du patriarcat. « Trump nous a poussés à affronter le fait qu’une partie du pays s’oppose à ce que veut la majorité. Si vous regardez les sondages, le grand public soutient l’égalité raciale et de genre, mais un tiers du pays se sent privé des avantages économiques dont il disposait et semble réclamer un retour au passé, à la famille patriarcale, aux divisions raciales. » Portrait d’une militante passionnée.