Biologie
Greffe d’un cœur de porc : les enjeux d’une prouesse médicale
Centre médical de l’université du Maryland (États-Unis). L’équipe de l’École de médecine de l’université du Maryland derrière la première greffe d’un cœur de porc à un patient humain. Ce dernier, David Bennett, 57 ans, est dans un état stable après l’opération, qui a duré sept heures dans un hôpital de Baltimore (États-Unis). © University of Maryland Medical Center/Cover Images/SIPA
C’est une première mondiale : une équipe de chirurgiens de l’école de médecine de l’université du Maryland est parvenue à greffer avec succès le cœur d’un porc (génétiquement modifié pour éviter les rejets) sur un patient humain. La prouesse technologique pose cependant de nombreuses questions.
Questions éthiques, bien sûr, en ce qui concerne le traitement des animaux élevés à des fins thérapeutiques – et l’on passe sur la polémique qu’a fait naître le choix du patient par l’équipe médicale, puisqu’il s’est avéré que le greffé est un ancien repris de justice qui a poignardé un rival amoureux à sept reprises en 1988, laissant ce dernier paralysé jusqu’à sa mort. Mais surtout, l’opération fait resurgir des questions anthropologiques, sur le partage et la différence entre l’homme et l’animal. À ce sujet, voici ce qu’on peut en penser avec le philosophe Jean-Luc Nancy, qui a longuement réfléchi sur sa propre greffe de cœur (humain), et Vinciane Despret, qui s’est intéressée aux premières recherches sur les xénogreffes.