Société / Féminisation

Hanna Rosin. « Les femmes s’adaptent mieux à la mondialisation »

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Cet article est issu du numéro 69 de Philosophie magazine « 69 - mai 2013 », en kiosque le 24 avril 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Dans «The End of Men», la journaliste américaine Hanna Rosin constate que, dans de nombreux domaines, la place traditionnelle des hommes est mise à mal, notamment par l’essor de l’économie de services.

Comment en êtes-vous arrivée à un tel constat ?

Hanna Rosin : En 2010, une étude m’a marquée. Pour la première fois dans l’histoire des États-Unis, les femmes se sont retrouvées majoritaires dans la population active. J’ai enquêté à travers le pays, recoupé les statistiques. En 1970, les femmes contribuaient à hauteur de 6 % au revenu des foyers américains, elles y participent maintenant à hauteur de 42 %.

Dans de nombreuses villes américaines, le revenu médian des jeunes femmes est aujourd’hui supérieur à celui des hommes. Dans les universités, trois femmes obtiennent, chaque année, un diplôme d’études supérieures, contre seulement deux chez ces messieurs. Partout, on assiste à une « mancession » [« récession masculine »]. L’économie se féminise, un système matriarcal se met en place. En fait, la crise n’a fait qu’accentuer un phénomène enclenché depuis trente ans : le passage d’une société industrielle à une économie de services. Celle-ci valorise des compétences comme l’intelligence sociale, la communication, la concentration. Des valeurs avec lesquelles les femmes semblent être plus à l’aise que les hommes.

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