Hors-série "Nietzsche. L’antisystème"
Heinz Wismann : l’art et la vérité au service de la vie
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Cet article est issu du Hors-série n°N° 26 de Philosophie magazine « Nietzsche. L’antisystème », en kiosque le 06 juillet 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Philosophe et philologue, Heinz Wismann analyse un aphorisme nietzschéen en forme de paradoxe sur l’art et la connaissance comme intensifications de la puissance de vie.
« Nous avons l’art pour ne pas périr de la vérité », écrit Nietzsche. Le thème de la volonté de puissance, chez Nietzsche, découle du remplacement de la valeur de vérité par la valeur de vie : la vie est volonté de puissance, et bien souvent ce qu’on appelle « la vérité » affaiblit la vie, diminue sa puissance. D’où cet aphorisme dont l’interprétation implique un paradoxe : quel peut être le statut de cette « vérité » selon laquelle « la vérité » est mortifère ? Il ne saurait s’agir de la même vérité dans les deux cas ! La formule est typique du style de Nietzsche, qui assume de plus en plus le déchirement du paradoxe ou de l’autocontradiction performative. Un peu comme le Christ crucifié, ce Dieu qui meurt pour que l’homme vive en Dieu. Nietzsche nous oblige à nous demander non pas « qu’est-ce que la vérité ? », comme le Christ ou Platon, mais de quelle vérité, de quel type de vérité il s’agit à chaque fois. Quelle est la vérité de cette idée selon laquelle « la vérité » affaiblit la puissance de la vie ?