Décryptage

Irak. La rupture de mister Anti-Chaos

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Cet article est issu du numéro 13 de Philosophie magazine « 13 - octobre 2007 », en kiosque le 27 septembre 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le général David Petraeus, chef des forces armées en Irak, veut rompre avec la culture militaire américaine et donne la priorité à la protection de la population. Mais la stratégie de ce gradé intellectuel arrive trop tard pour enrayer la guerre civile.

Tout le monde à Washington a entendu parler de lui. C’est la dernière carte de George Bush et de l’armée américaine. Héros de guerre et pacificateur, devenu en février dernier commandant de la force multinationale en Irak, le général quatre étoiles David Petraeus, 54 ans, est présenté comme un expert en stratégie. Sa conception révolutionnaire des armées d’occupation serait à même de sortir les Américains du bourbier irakien. Ce « gradé-intellectuel », formé à West Point, la plus prestigieuse école militaire des États-Unis, et diplômé de Princeton, n’a-t-il pas soutenu une thèse de doctorat traitant de l’effet néfaste de la guerre du Vietnam sur l’usage des forces militaires américaines ? Chargé récemment de la coécriture du manuel de terrain de Counter-Insurgency (guerre anti-insurrectionelle) qui n’avait pas été mis à jour depuis vingt-cinq ans*, il réfléchit aux moyens dont dispose une armée d’occupation pour se faire accepter par les populations civiles en lui apportant sécurité et protection. « Les états-majors, mentionne le rapport, doivent s’interroger en permanence sur ce que signifie la légitimité pour la population de la nation hôte. [...] Le point le plus important est l’attitude de la population. En définitive, c’est elle qui détermine l’ultime vainqueur. »

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