Société

La Convention citoyenne sur la fin de vie : un événement démocratique

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Paris, le 2 avril 2023. Les rapporteurs présentent le texte final de la Convention citoyenne sur la fin de vie au Conseil économique, social et environnemental (Cese)

Paris, le 2 avril 2023. Les rapporteurs présentent le texte final de la Convention citoyenne sur la fin de vie au Conseil économique, social et environnemental (Cese). © Julien De Rosa/AFP

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Alors que la Convention citoyenne vient de remettre son rapport sur la fin de vie et préconise l’ouverture à « l’aide active à mourir », un grand débat s’ouvre sur l’euthanasie avant une loi annoncée pour la fin de l’été par Emmanuel Macron. Nous avons demandé au philosophe Guillaume Durand, spécialiste de bioéthique, de revenir sur cette délibération citoyenne, d’analyser ses préconisations et de nous faire part de sa propre position. D’autres philosophes s’exprimeront à sa suite pour faire vivre ce débat important.


 

Philosophe de terrain travaillant sur l’environnement médical depuis une quinzaine d’années, j’avoue que j’étais sceptique lors de la création de la Convention citoyenne sur la fin de vie.

D’une part, dans ce sempiternel débat qui anime la France depuis plusieurs décennies, tout n’a-t-il pas déjà été dit ? Les professionnels qui travaillent dans ce domaine de l’éthique médicale connaissent bien les différents arguments en faveur et en défaveur de l’aide active à mourir (AAM).

D’autre part, poser la question « Le cadre d’accompagnement de la fin de vie est-il adapté aux différentes situations rencontrées ou d’éventuels changements devraient-ils être introduits ? » à des citoyens tirés au sort peut laisser perplexe : loin du terrain concret, a priori ni formés à l’éthique ou à la médecine, pourront-ils donner un avis libre et éclairé ? Ne défendront-ils pas soit leur opinion initiale sur le sujet, soit la position de l’expert ou du camarade qui aura été le plus convaincant lors des débats ? Sur cette dernière question, les études qui ont été menées sur les participants par des jeunes chercheurs issus de différentes disciplines (bioéthique, sociologie, etc.) pourront nous apporter des éléments de réponse.

Enfin, s’agit-il d’une simple stratégie de communication du politique ? La bioéthique a l’habitude d’être l’instrument des enjeux de pouvoir et peu de politiques ont le courage d’avancer dans ce domaine : parmi les plus courageux, Simone Veil sur l’Interruption volontaire de grossesse en 1975, François Mitterrand sur l’abolition de la peine de mort en 1981, François Hollande avec le mariage pour tous. Emmanuel Macron osera-t-il défendre, notamment contre l’ordre des médecins qui s’est exprimé immédiatement contre le résultat de la Convention citoyenne, une loi autorisant l’AAM ?

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Euthanasie : l’avis, point par point, d’un spécialiste en bioéthique