Sciences
La loi de bioéthique sous le feu des critiques
Illustration de l’action de la protéine CRISPR-Cas9 (en orange), utilisée en ingénierie génétique pour couper le ruban d’ADN (ici en bleu). © Design Cells/Science Photo Library via AFP
« Chimères homme-animal, embryons transgéniques, ciseaux génétiques CRISPR-Cas9 […] : ces techniques touchent, à la fois physiquement et ontologiquement, à ce qui constitue le cœur de notre condition humaine. D’abord parce qu’elles menacent l’intégrité et la protection de notre identité génétique. » La tribune de Pierre Manent, François-Xavier Bellamy et Élisabeth Geffroy qui vient de paraître dans Le Monde est une charge en règle contre la loi de bioéthique, définitivement adoptée hier au Parlement. Ils s’inquiètent, en particulier, du développement des « manipulations génétiques » et de « l’expérimentation sur l’homme ». La loi ne concerne que la recherche, médicale en particulier ; il n’y aura pas d’applications pratiques, pas d’humains transgéniques : telle est la réponse de la communauté scientifique, en général.
L’argument, cependant, ne convainc pas les signataires. « Tenons-nous à ce point à faire du corps humain le prochain objet de notre démesure technique ? » s’interrogent-ils. Dès les années 1970, le philosophe Hans Jonas s’inquiétait lui aussi des possibles dérives de « l’ingénierie biologique », dans un texte non traduit, « L’ingénierie biologique – un aperçu », dont nous vous proposons des extraits.