Le diable dans les détails
La maison ne fait plus crédit
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Cet article est issu du numéro 53 de Philosophie magazine « 53 - octobre 2011 », en kiosque le 29 septembre 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
La crise financière débouche sur une crise de la confiance : citoyens, banques, États, chacun a ses raisons de se méfier des autres. Le château de cartes va-t-il s’écrouler ?
Avoir confiance, c’est penser que nos attentes les plus simples seront honorées. L’argent que j’ai confié à la banque me sera rendu. Les commerces seront ouverts aux heures dites, les prix ne changeront pas du jour au lendemain, la police ne m’enlèvera pas. Au Brésil il y a des années, l’une de mes attentes de base fut déçue dès mon arrivée : le prix du journal changeait chaque matin.
La plupart de nos confiances sont aujourd’hui garanties par l’État : sécurité publique, sécurité sociale, justice, normes, certifications, dépôts. Or, la crise de 2008 a fait apparaître crûment un schéma de pyramide « à la Madoff » ou « à la Ponzi » (du nom de l’aigrefin américain ayant élaboré le système de chaîne d’emprunt, NDLR) mis en place non plus par des escrocs privés servant des intérêts mirobolants à leurs premiers souscripteurs avec l’argent des gogos suivants, mais par des acteurs institutionnels en qui l’on avait habituellement confiance. Les banques prêtaient aux particuliers des monceaux d’argent pour leur permettre d’acheter des biens surévalués du fait même de la spéculation déclenchée par les facilités de prêts (la bulle immobilière). Elles se retrouvèrent aux abois quand la fuite en avant se grippa, avec le risque de faillites en cascade puisqu’elles s’étaient revendu entre elles les créances (subprimes).