Le réflexe socratique
La musique classique face au fracas du monde
Tugan Sokhiev, conjointement à la tête de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse et de l’Orchestre du Théâtre Bolchoï, a été pressé par la mairie de Toulouse (par ailleurs jumelée avec Kiev) de se prononcer sur la guerre. Ici, en juin 2019. © Michaela Rihova/AP/Sipa
La guerre ne se joue pas uniquement sur le terrain militaire. Dans le sillage de l’invasion russe en Ukraine, le monde de la musique classique a été traversé d’une série de polémiques après le refus des chefs d’orchestre Valery Gergiev et Tugan Sokhiev de s’exprimer explicitement contre Vladimir Poutine. Le premier a été remercié à la tête de la Scala de Milan, quand le second a préféré démissionner de l’Orchestre du Capitole à Toulouse, déplorant qu’on lui impose de choisir un camp.
La musique classique peut-elle ignorer la politique ? Les musiciens peuvent-ils faire comme si le fracas du monde ne les concernait pas, au prétexte que la musique est un langage universel, à l’inverse du cinéma, de la littérature ou du théâtre ? Examinons.