Écologie
L’abeille sans dard, nouveau sujet de droits
Tetragonisca est un genre d’abeille de la famille des Apidae faisant partie de la tribu des Meliponini, les “abeilles sans dard”. © Bernard Dupont CC BY-SA 2.0/Wikimedia Commons
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C’est le premier insecte au monde à obtenir des droits juridiques : il y a peu, les deux villes péruviennes de Satipo et Nauta ont reconnu par ordonnance aux abeilles sans dard – Meliponini, une tribu comptant plus de 500 espèces – le droit d’exister et de prospérer ainsi que de vivre dans un habitat sain, exempt de pollution et dans des conditions climatiques stables. Analyse des motifs et des conséquences d’une extension du droit aux… abeilles.
Des droits, des droits, des droits pour les abeilles !
Les petits arthropodes volants, menacés par les pesticides, la déforestation et la concurrence des abeilles européennes, que les militants écologistes tentent depuis de nombreuses années de faire inscrire sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature, pourront désormais être légalement représentés en justice en cas de préjudice. Dans la foulée, une pétition a recueilli près de 400 000 signatures pour étendre ces droits des abeilles sans dard à tout le Pérou.
Pour Constanza Prieto, directrice locale de l’ONG Earth Law Center, « cette ordonnance marque un tournant dans notre relation avec la nature : elle rend les abeilles sans dard visibles, les reconnaît comme des sujets ayant des droits et affirme leur rôle essentiel dans la préservation des écosystèmes ». La décision prolonge certaines avancées récentes dans la protection des Meliponini. En 2024, le pays andin avait intégré l’abeille sans dard à la liste des « espèces indigènes » protégées par la législation nationale.
Qu’est-ce que ça change ?
Que change la décision des deux municipalités péruviennes ? Après tout, au Pérou comme ailleurs, en France notamment, un certain nombre de législations offre déjà une protection directe ou indirecte aux animaux en tant qu’être sensibles : interdiction des sévices graves, des actes de cruauté et des mauvais traitements ; règlementation sur les conditions d’élevage et d’abattage pour les animaux de ferme ; reconnaissance du préjudice pour le maître en cas d’atteinte à l’animal. Les espèces considérées comme menacées bénéficient de protections supplémentaires (chasse interdite, etc.) Selon les cas, les propriétaires, les associations ou le ministère public peuvent agir en justice pour faire respecter les règles du droit objectif.