Naissance d'une notion
Le biomimétisme
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Cet article est issu du numéro 73 de Philosophie magazine « 73 - octobre 2013 », en kiosque le 19 septembre 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Léonard de Vinci poussait ses élèves à prendre exemple sur la nature. Cinq cents ans plus tard, le biomimétisme marche dans ses pas et tente de faire de la nature le modèle de l’industrie.
En 1964, le Japon devient le pionnier des trains à grande vitesse, avec la mise en service des Shinkansen, dont la pointe est directement inspirée du martin-pêcheur, cet oiseau capable, grâce à la forme de son bec, de traverser des zones de densité différente sans perdre aucune énergie. Au XVe siècle déjà, Léonard de Vinci prenait modèle sur les oiseaux pour élaborer un moyen de transport inédit, l’avion. Donc, contrairement aux idées reçues, l’industrie et la technologie puisent dans la nature des forces et des stratégies d’expansion. Les moyens de transport ne sont d’ailleurs pas les seules inventions pour lesquelles l’homme peut s’inspirer de celle qui a 3,8 milliards d’années et d’expériences d’avance en matière d’évolution. Comment, par exemple, renouveler les ressources lorsqu’on est en circuit fermé, comme c’est le cas d’une entreprise, parfois d’un pays, ou même de la vie sur Terre ? En imitant, comme le propose le spécialiste des écosystèmes William S. Cooper, le fonctionnement d’une forêt de séquoias dont les organismes ont développé des principes autorégulateurs : utiliser les déchets, se diversifier et coopérer pour exploiter pleinement l’habitat, économiser ce dont nous disposons, se fournir localement, etc.