La lettre du mercredi
Le “gaslighting” de la victoire
Emmanuel Macron à la télévision. © Yohanne Lamoulère/Tendance Floue
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« Gagné, pas gagné ? Depuis lundi matin et la drôle de petite musique qui s’est mise en place après l’annonce des résultats du second tour des élections législatives, on en viendrait presque à douter. Certes, aucun camp ne l’a franchement emporté, si l’on place la victoire au seul niveau d’une majorité absolue. Mais l’attitude de la majorité et du président de la République commence de plus en plus à ressembler à celle d’un forceur à qui l’on aurait dit non à de multiples reprises, et qui persisterait dans son attitude malgré tout. Depuis lundi matin, il flotte comme un parfum de gaslight en France.
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Cela fait déjà quelques années que les indices concordent. Celui qui se vante d’avoir des conversations et des “relations de confiance d’homme à homme” avec ses ministres a comme renversé la table du dîner dimanche 9 juin au soir, en décrétant une accélération subite du tempo politique. Ici ou là, on l’a dit “vexé” du résultat des élections européennes, au point de précipiter une idée qui était déjà dans les tuyaux depuis quelque temps mais qui ne devait intervenir qu’en septembre, avant le vote du budget : la dissolution de l’Assemblée nationale. En homme qui ne supporte pas la contradiction, il a envoyé valdinguer couverts et plats. À charge des autres de nettoyer et réparer les dégâts. Et surtout de chercher à comprendre : que pouvait-il bien avoir en tête ? Depuis un mois, les analystes s’épuisent à l’exégèse du geste présidentiel, l’assumant toujours “maître des horloges” et jupitérien. Mais si l’on s’intéresse davantage à la méthode qu’aux intentions, on observe toutes les caractéristiques d’une stratégie de manipulation masculiniste : le gaslighting.