Le morceau de cire de Descartes
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Cet article est issu du numéro 12 de Philosophie magazine « 12 - septembre 2007 », en kiosque le 23 août 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Petite expérience de philosophie appliquée. Prenez un morceau de cire, rapprochez-le d’une flamme. Observez sa métamorphose. Vous comprendrez que nos sens ne nous donnent jamais une connaissance complète d’un objet.
Dans Les Méditations métaphysiques, Descartes entreprend de refonder tout l’édifice du savoir. Comme il l’a rappelé au début du Discours de la méthode, les connaissances reçues au cours de ses études l’ont déçu : une science nouvelle doit être inventée, pour remplacer l’antique science, inspirée d’Aristote, enseignée dans les universités.
SENSIBILITÉ, ABSTRACTION
La sensibilité nous fait connaître des objets singuliers par des images (visuelles, acoustiques, tactiles, etc.). La pensée abstraite dégage les caractéristiques générales de catégories d’objets. Une abstraction ne peut être que pensée, et non imaginée : elle n’est représentée que par des signes ou des symboles.
Cette refondation passe par une nouvelle conception du savoir. Le philosophe soumet à un doute systématique toutes les idées de son esprit. Il fait ainsi le tri entre les différentes façons de concevoir un objet, pour découvrir celles qui possèdent le plus haut degré de certitude et d’exactitude. La connaissance reposant sur des impressions sensibles se révèle alors inférieure à la connaissance intellectuelle, construite au moyen du raisonnement. Les sens ne nous donnent à connaître que des images superficielles et changeantes des choses. Par la raison, nous découvrons les caractéristiques générales ou abstraites qui définissent leur nature véritable.