Architecture

L’éternelle jeunesse du béton romain

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Le Panthéon de Rome sur la piazza della Rotonda

Le Panthéon de Rome sur la piazza della Rotonda. © Gabriella Clare Marino/Unsplash

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Une équipe du MIT a percé le secret de l’incroyable longévité du béton romain : l’adjonction de chaux vive, qui a doté le matériau antique d’une capacité étonnante d’auto-réparation. De quoi inspirer les architectes modernes, et réhabiliter un composé souvent décrié ?


 

Associé spontanément à l’architecture moderne dans nos esprits, le béton possède en réalité une très longue histoire. Les Romains, déjà, s’ils ne furent (même) pas les premiers, utilisèrent beaucoup ce matériau de construction, composite de matière inerte et d’un liant, y compris pour des réalisations monumentales telles que le Panthéon de Rome. D’une époque à l’autre, le béton semble cependant avoir beaucoup changé.

Les diverses compositions du béton

Sa version romaine nous a légué des monuments millénaires toujours debout aujourd’hui, qui comptent parmi les plus remarquables du patrimoine mondial. Le béton contemporain, en revanche, s’il est aussi mobilisé pour bâtir des édifices monumentaux, se caractérise par une certaine fragilité. C’est que, dans une large mesure, quand nous parlons de béton hier et aujourd’hui, nous ne parlons pas vraiment de la même chose, ni des mêmes logiques de construction.

Le béton romain doit sa résistance à une habile alchimie. Il se compose de granulat volcanique (pouzzolane), d’eau de mer et de chaux vive (matériau calcaire tout juste sorti du four). Cette dernière confère au béton antique sa capacité d’autoréparation des fissures, donc de résistance au temps : en cas de brisure, le calcaire apporté par la chaux forme, au contact de l’eau qui s’y engouffre, une solution capable de recristalliser par la suite, et de combler la lézarde. Le matériau sera délaissé avec l’effondrement de l’Empire romain, avant que l’ingénieur anglais John Smeaton (1724-1792) ne découvre qu’il était possible de remplacer, dans le mélange, la poudre volcanique par de l’argile, beaucoup plus répandue.

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