Mission impensable. Merleau-Ponty

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Cet article est issu du numéro 92 de Philosophie magazine « Pense-t-on mieux seul ou à plusieurs ? », en kiosque le 20 août 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Qu’est-ce que percevoir l’espace ? Pour Merleau-Ponty, c’est d’abord l’« habiter » avec son corps. Vous êtes perdu ? On vous aide à vous orienter.

« L’expérience[1] révèle sous l’espace objectif, dans lequel le corps finalement prend place, une spatialité primordiale[2] dont la première n’est que l’enveloppe[3] et qui se confond avec l’être même du corps[4]. Être corps, c’est être noué à un certain monde[5], avons-nous vu, et notre corps n’est pas d’abord dans l’espace : il est à l’espace[6]. »

Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception (Gallimard, 1945)

 

Traduction très libre

Ton réveil sonne. Tu ouvres les yeux. Que vois-tu ? Quatre murs… Non trois ! Du coin de ton lit, tu n’en vois que trois. L’existence d’un quatrième mur n’est qu’une hypothèse théorique, que tu confirmeras plus tard. Pour l’instant, tu t’enroules dans la couette. Tu t’y sens chez toi, plus qu’à n’importe quel autre endroit. On a tort de dire que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. Il appartient à ceux qui s’y sentent bien. Cette couette est à toi, profites-en !

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