Agriculture
Nouveaux OGM : vraie révolution ou retour du même ?
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Les « nouveaux OGM » doivent-ils faire l’objet du même encadrement juridique très strict que les « anciens OGM » ? Le débat fait rage ces dernières semaines au sommet de l’Europe. Éclairage philosophique avec Hans Jonas, Jacques Ellul et Martin Heidegger.
« Toutes les plantes cultivées sont donc génétiquement modifiées et ont toujours été considérées sans risque sanitaire ou environnemental. » C’est en ces termes qu’une tribune défendait, récemment, la généralisation des « nouveaux OGM ». Ceux-ci mettraient en jeu des processus tout à fait comparables à « ce qui se passe dans la nature », et représenteraient par conséquent un risque infime. Certains contempteurs des « anciens OGM » les défendent, comme solution pour développer une agriculture à la fois plus productive (variétés optimisées), moins nocive pour l’environnement (moins gourmande en intrants notamment), plus résiliente face au changement climatique. Commençons donc par souligner la différence entre les deux pratiques.
- Anciens OGM. Il s’agit d’organismes transgéniques. Le génome de la plante a été modifié en y intégrant un gène utile (résistance au froid, à la sécheresse, aux nuisibles, taille des fruits, etc.) issu d’une autre espèce. Ce phénomène ne se produit presque jamais dans la nature. Le résultat apparaît entièrement artificiel.
- Nouveaux OGM (ou « NBT » pour « new breeding techniques », « nouvelles techniques de reproduction »). Pas de transgénèse ici : le génome de la plante est directement modifié en utilisant la technologie Crispr-Cas9 (dite des « ciseaux moléculaire »). L’intervention humaine consiste à provoquer une ou plusieurs mutations qui pourraient apparaître « dans la nature » au gré des processus spontanés d’évolution. Le principe reprend les anciennes pratiques de mutagénèse nés dans les années trente, qui consistaient à exposer les plantes à des agents physiques ou chimiques (par exemple des rayons gammas ou le méthanesulfonate d’éthyle) pour accélérer leur mutation. Mais les mutations étaient alors très nombreuses et incertaines. La technologie Crispr-Cas9 permet au contraire une action très précise et sélective.