Vie quotidienne
Petite philosophie du col roulé
Emmanuel Macron, vêtu d’un pull à col roulé, à l’Élysée. Paris, le 3 octobre 2022. © Ludovic Marin/Pool/AFP
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Quel est le point commun entre les Black Panthers, Bruno Le Maire, Emmanuel Macron et le philosophe Michel Foucault ? Le col roulé bien sûr ! Ce vêtement fait beaucoup parler ces derniers temps parce qu’il incarnerait l’effort de sobriété auquel les Français sont conviés. Mais c’est passer un peu vite sur toute la symbolique d’un vêtement plus emblématique qu’il n’y paraît : si l’habit ne fait pas le moine, que fait le col roulé ?
Un vêtement politiquement typique de la droite ?
Du col roulé, on peut d’abord proposer une lecture politique. C’est par exemple le cas de Guillaume Erner, qui en a fait le sujet d’une de ses récentes chroniques sur France Inter. Selon lui, le col roulé est en effet « un signe de décontraction ostentatoire mais néanmoins structuré » car si « le col roulé est de droite, comme la veste en velours côtelé est de gauche », il représente le vêtement indémodable qui sait rester cool quand les températures descendent, celui de la bonne bourgeoisie qui parvient à se détendre confortablement mais sans rien céder au chic et à l’élégance. Lorsque Bruno Le Maire annonce faire tomber l’uniforme de bureau incarné par la chemise-cravate pour adopter son substitut écoresponsable que représente le chandail à col roulé, son non-conformisme resterait donc très sage, comme le produit d’une communication rassurante – et finalement tout à fait calculée.