Transports

Petite philosophie du voyage en avion

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Petite philosophie du voyage en avion

© Dan Gold/Unsplash

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Les vols intérieurs de courte durée sur le territoire français vont être supprimés si une alternative de liaison ferroviaire directe de moins de 2 heures 30 est possible : le décret d’application de cette loi votée en 2021 vient d’être publié. Une bonne nouvelle pour la planète, mais pas seulement. L’éclairage d’Ivan Illich, qui explique pourquoi on prend encore l’avion malgré ses inconvénients.

 

Si l’interdiction des vols intérieurs a été saluée d’un point de vue écologique, la décision semble rejoindre le bon sens le plus élémentaire. Sur le papier, un Paris-Marseille en avion est apparemment plus court que le même trajet en train, pour un prix souvent comparable : 1h30 contre 3h30. Mais si vous ajoutez, à l’aller et au retour, le temps de déplacement du point de départ jusqu’à l’aéroport, et de l’aéroport d’arrivée jusqu’à la destination (les aéroports sont en général beaucoup plus éloignés que les gares), ainsi que l’avance exigée à l’embarquement, et le temps de récupération des bagages, l’avion se révèle souvent plus chronophage que ses alternatives ferroviaires. Il faut prendre en effet en compte ce qu’Ivan Illich appelait, dans Énergie et Équité (1973), la « vitesse généralisée », laquelle prend en compte « le temps global » – y compris le temps de travail consacré à se payer le transport – « mis en rapport avec le kilométrage », et non seulement le temps passé stricto sensu dans le moyen de transport.

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