Vos questions
Peut-on avoir peur des personnes que l’on aime ?
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Cet article est issu du numéro 73 de Philosophie magazine « 73 - octobre 2013 », en kiosque le 19 septembre 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Élise Louedec, 20 ans, Rennes
Difficile de penser l’amour sans la peur : peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne pas être aimé autant que l’on aime (ou le contraire), peur de s’engager, ou de l’usure des jours. Peur que l’amour finisse, évidemment.
Avoir peur de la personne que l’on aime est une affaire autrement plus effrayante… On rêverait au contraire que la personne aimée sache nous apaiser, nous aider à combattre toutes les autres peurs, que l’amour soit plus fort que les peurs associées à l’amour. Que la personne aimée nous donne de la joie plutôt que de l’effroi, et que cette joie suffise à balayer le reste.
« L’amour est la joie, accompagnée de l’idée d’une cause extérieure », écrivait Spinoza. La joie étant pour lui « le passage d’une moindre à une plus grande perfection », l’être aimé est toujours associé à ce passage, à ce développement positif de l’être. Je ne sais pas si l’autre est vraiment la cause de ma joie, mais peu importe : je l’associe à ma joie et c’est pourquoi je l’aime. Magnifique philosophie que celle de Spinoza : peu importe la cause, pourvu qu’on ait la joie.