L’œil de la sorcière
Pleine (et rentable) conscience
illustration © Oriane Safré-Proust/Valérie Oualid pour PM
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Cet article est issu du numéro 167 de Philosophie magazine « Est-ce qu’on travaille trop ? », en kiosque le 16 février 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
La méditation dans le cadre de l’entreprise promet de réduire le stress et d’éviter le burn-out des salariés… tout en augmentant leur productivité. Mais cette pratique spirituelle peut-elle s’intégrer à un quelconque business plan ?
Aux États-Unis, la moitié des grandes entreprises, et notamment Google ou Facebook, offre désormais à leurs salariés des séances de méditation. Les récentes confirmations scientifiques de ses bénéfices en termes de performances cognitives ont fait de la méditation de pleine conscience, ou mindfulness, une nouvelle panacée – permettant d’être plus heureux dans sa vie, ainsi que plus concentré et efficace au travail.
Assisterions-nous, enfin, à cette union de la sagesse et de l’action, du yin et du yang, rêvée depuis l’aube des religions ? À en croire l’enseignante américaine Mirabai Bush, qui a étudié de longues années dans des monastères auprès de maîtres indiens et tibétains, avant de devenir, il y a trente ans, l’une des pionnières de la diffusion de la méditation en entreprise, tout dépend du professeur. Pour que la méditation ne se transforme pas en simple outil de management, l’enseignant doit incarner certaines valeurs spirituelles, déclarait-elle en substance dans une récente interview au magazine bouddhiste Tricycle – avant de reconnaître que là réside toute la difficulté. Il est relativement aisé aujourd’hui de se présenter, à l’issue d’une brève formation, comme instructeur en mindfulness.