“Pour devenir soi, vaut-il mieux sortir de soi ou entrer en soi-même ?”
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Cet article est issu du numéro 140 de Philosophie magazine « 140 - juillet 2020 », en kiosque le 18 juin 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Question de Régis Ruffier
Si sortir de soi veut dire agir, tenter des choses, rencontrer les autres et le monde, alors il semble que cela soit une bonne manière de « devenir soi ». Il y a d’ailleurs dans l’injonction nietzschéenne « Deviens ce que tu es » une invitation à l’action, à l’audace, à la prise de risque, une invitation à devenir, à exister au sens étymologique – « aller hors de soi ». Pour autant, il s’agit paradoxalement de devenir « ce que l’on est » : comme si quelque chose de soi préexistait à l’action, comme si nous ne nous inventions pas totalement dans l’action mais trouvions aussi en elle l’occasion de toucher une vérité déjà en nous. Nietzsche invite en fait à dépasser une vision trop logique et binaire des choses, à comprendre qu’il n’y a pas nécessairement d’opposition entre être et devenir, et cela peut éclairer votre question.