Assaut sur le Capitole

Quand les “freaks” font leur entrée en politique

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Quand les “freaks” font leur entrée en politique

Washington (DC), le 6 janvier 2021 : Jake Angeli au milieu de la foule envahissant le Capitole pendant la session du Congrès devant ratifier l’accession à la présidence des États-Unis de Joe Biden. © Chris Kleponis/Sipa USA/SIPA

L’image de certains des partisans de Donald Trump faisant irruption dans le Capitole en peaux de bêtes, cornes de bison et tatouages chamaniques, ont fait le tour de monde. Parmi eux, un homme en particulier capte tous les regards : Jake Angeli, déguisé en buffle et couvert de tatouages. Comment comprendre ce spectacle étrange ? Peut-être via un détour par la freak culture. À l’origine, les freaks (« monstres », en anglais) sont, au XIXe siècle, des phénomènes de foire – soit des individus difformes que l’on exhibe en spectacle au cirque (comme le montre le célèbre film de Todd Browning sur le sujet). Avec la fin de la guerre du Vietnam, aux États-Unis, le terme s’est répandu pour désigner les soldats de retour du front, psychologiquement et physiquement traumatisés, comme le célèbre soldat Rambo. Et dans les années 70, ce sont les artistes qui reprennent cette culture, en faisant d'une apparence étrange ou monstrueuse le moteur de leur construction, à l’instar de Frank Zappa ou de David Bowie. Pour Hervé Goerger, professeur d’anglais et spécialiste de la freak culture, les costumes des insurrectionnistes du Capitole marquent l’entrée sur la scène et le dévoiement politique de cette contre-culture foisonnante. Sous ce prisme, l’action spectaculaire des freaks du Capitole ressemble moins à un coup d’État… qu’à un coup de théâtre.

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