France / Présidentielles

Quand les politiques se prennent pour Alain Finkielkraut

Temps de lecture : 3 min

Quand les politiques se prennent pour Alain Finkielkraut

© Manuel Braun pour PM

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 103 de Philosophie magazine « Comment surmonter ses échecs ? », en kiosque le 22 septembre 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Les candidats de la droite se déchirent sur les notions d’identité malheureuse et d’interchangeabilité des hommes, développées par Alain Finkielkraut. Sa pensée est-elle soluble dans la politique ?

« Je refuse d’avoir l’identité malheureuse, frileuse, anxieuse, presque névrotique. Pour moi, identité ne rime pas avec exclusion ni refus de l’autre. » C’est ce qu’affirme Alain Juppé sur son blog le 12 juin 2016. D’après lui, la diversité culturelle et religieuse n’est guère un obstacle mais un trait constitutif de la République. Il refuse d’abandonner la notion d’identité à un discours droitier, mais prétend au contraire l’enraciner dans une optique centriste. Nicolas Sarkozy lui répond avec vigueur : « Il n’y a pas d’identité heureuse tant qu’on ne réaffirme pas que l’identité de la France est toujours plus importante que les identités particulières. Il n’y a pas d’identité heureuse quand des milliers de Français nés en France, élevés en France en viennent à haïr à ce point leur patrie. Il n’y a pas d’identité heureuse lorsque les règles de la République sont à ce point bafouées » (Tout pour la France, Plon, p. 17). Alors, heureuse ou malheureuse, l’identité française ? Ce débat, qui structure la campagne des primaires des Républicains, tire sa source d’un ouvrage d’Alain Finkielkraut, paru chez Stock en 2013 et intitulé L’Identité malheureuse.

Cet article est réservé aux abonnés