À quelles conditions un échec peut-il être profitable ?
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Cet article est issu du numéro 84 de Philosophie magazine « 84 - novembre 2014 », en kiosque le 23 octobre 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Mina Lopez, 31 ans, Toulouse
La première de ces conditions est que cet échec ne soit pas nié : avant de reconnaître l’éventuelle vertu de l’échec, il faut déjà reconnaître l’échec lui-même… Mais il y a plus, bien sûr : l’échec, en nous disant quelque chose du réel, peut nourrir notre réussite future qui se jouera précisément dans ce réel. La plus grande vertu de l’échec, c’est peut-être de nous faire rencontrer le réel – celui de notre psychisme, celui du monde extérieur.
Si nous avons vraiment voulu le succès, l’échec nous apprend aussi que tout ne dépend pas de nous : il peut nous guérir de l’illusion de la toute-puissance incompatible avec la réussite sur le long terme. Toujours essayer de distinguer, dans un geste stoïcien, ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas, voilà l’une des clefs possibles d’une telle réussite. Il peut donc y avoir une sagesse de l’échec là où, le plus souvent, il n’y a qu’une ivresse du succès.