Repérages / Juin 2017
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Cet article est issu du numéro 110 de Philosophie magazine « Quelle part d’enfance gardons-nous ? », en kiosque le 01 juin 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
L’affect
La mélancolie
“Je n’éprouve aucune mélancolie à l’idée de quitter cette maison”
François Hollande, dans L’Obs, le 3 mai 2017
“Quand l’objet n’a pas pour le moi une si grande importance, sa perte n’est pas non plus de nature à causer une mélancolie”
Sigmund Freud, Deuil et Mélancolie (1917)
La notion
Le sexe neutre
t si, sur ses papiers d’identité, l’on n’était plus défini comme « homme » ou « femme » ? Sexagénaire intersexe, né avec un micropénis et un vagin rudimentaire, Gaëtan Schmitt (un pseudonyme) souhaitait que sur son état civil, la mention « sexe masculin » soit remplacée par « sexe neutre ». Sa demande vient d’être rejetée par la Cour de cassation, qui considère que la « binarité des sexes » est « nécessaire à l’organisation sociale et juridique, dont elle constitue un élément fondateur » – des mots forts… Mais l’autorité a aussi argué que Gaëtan, marié et père d’un enfant adopté, avait « l’apparence et le comportement social d’une personne de sexe masculin ». En un télescopage conceptuel, la décision se réclame ainsi du sexe biologique tout en s’appuyant sur la notion pourtant opposée de genre (comme construction culturelle). Elle heurte de fait l’esprit des gender studies – par exemple, la philosophe américaine Judith Butler pourfend à la fois la binarité des sexes et des genres, qui relève selon elle d’une idéologie. Même rejetée, la notion de sexe neutre engage un vaste débat : la « nature » détermine-t-elle notre destin (individuel et collectif), ou l’identité sexuelle peut-elle résulter d’un choix ? La polémique n’est pas close : le cas de Gaëtan Schmitt sera renvoyé devant la justice européenne.