Saint Augustin. Biographie

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Cet article est issu du numéro 85 de Philosophie magazine « 85 - décembre 2014-janvier 2015 », en kiosque le 27 novembre 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Saint Augustin est né en 354 à Thagaste, en Numidie (actuellement Souk Ahras, en Algérie). D’origine berbère, il grandit auprès de sa mère Monique, fervente chrétienne, et d’un père païen et volage. Porté sur la débauche dans sa jeunesse, il part à 17 ans étudier à Carthage, où il s’adonne aux plaisirs de la chair. Il y rencontre celle qui sera sa concubine pendant quinze ans et lui donnera un fils, Adeodat. À 19 ans, la lecture de Cicéron lui inspire une soudaine passion pour la philosophie. La religion manichéenne, reposant sur l’opposition absolue du Bien et du Mal, gagne ensuite ses faveurs. Professeur de rhétorique à Rome puis à Milan, il y fait la connaissance de l’évêque Ambroise, son père spirituel : celui-ci lui fait découvrir la pensée néoplatonicienne et surtout la religion chrétienne. Bouleversé par le récit de la conversion au christianisme de deux citoyens romains, il connaît en 386 une expérience mystique dans un jardin de Milan, où une voix lui ordonne : « Prends et lis. » Il se convertit à son tour au christianisme, abandonnant alors l’enseignement. Après une retraite de plusieurs mois à la campagne, il reçoit le baptême avec son fils. Il écrit pour lui le dialogue Du maître, développant une pédagogie centrée sur le « maître intérieur ». À Ostie, où il s’apprête à reprendre le bateau pour l’Afrique, il perd sa mère. Une fois revenu à Thagaste, c’est son fils qui décède. Alors qu’il entend fonder un monastère à Hippone (actuellement Annaba, en Algérie), il est acclamé prêtre par les fidèles, puis nommé évêque en 396. Outre de nombreux traités (De la vie heureuse, Sur le libre arbitre, De la musique…), il y rédige ses Confessions. Averti du sac de Rome par le barbare Alaric en 410, il s’attelle pendant près de quinze ans à la Cité de Dieu, qui célèbre la justice divine par-delà les tourments des cités terrestres. En 430, tandis que Hippone est assiégée par les Vandales, il meurt dans son lit à l’âge de 76 ans. Sa très riche bibliothèque a été miraculeusement épargnée par l’incendie qui ravage la ville peu après.

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