Entretien
Simon Johannin : “La villa Noailles est un lieu d’effervescence”
Vue de la scène de l’opéra “Ressusciter la rose“, en hommage aux cent ans de la villa Noailles, à Hyères (83). © Luc Bertrand
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Cette année, la villa Noailles, située à Hyères, célèbre ses 100 ans. Cette bâtisse, œuvre de l’architecte Robert Mallet-Stevens d’après une commande de Charles et Marie-Laure de Noailles, a vu se côtoyer Cocteau, Gide, Buñuel, Picasso… avant d’être abandonnée, puis de renaître en tant que centre d’art contemporain. Pour célébrer ce centenaire, un opéra original, Ressusciter la rose, tente de saisir l’esprit de ce lieu. Comment ? Réponses avec Simon Johannin, l’écrivain qui signe le livret.
Il y a cent ans, Charles (1891-1981) et Marie-Laure (1902-1970) de Noailles, célèbre couple de mécènes, reçoivent en cadeau de noce un petit bout de terre sur les hauteurs de Hyères. Ils décident d’y construire une « maison intéressante à habiter ». Pour célébrer le centenaire de cette petite bâtisse devenue villa historique, un opéra a été créé. Le 16 septembre se jouait pour la première fois Ressusciter la rose.
« Je ne pourrais jamais supporter quoi que ce soit dans cette maison ayant un but seulement architectural et je cherche une maison infiniment pratique et simple, où chaque chose serait combinée du seul point de vue de l’utilité », écrit Charles de Noailles. Il semble avoir été exaucé. Ici, nul ornement, mais un style empreint du rationalisme et du minimalisme de l’architecte Robert Mallet-Stevens (1886-1945). Épurés, ces couloirs labyrinthiques n’en sont pas pour autant vides, il y plane encore l’énergie de ceux qui les ont foulés : Giacometti, Gide, Cocteau, Picasso, Dalí, Buñuel – qui a écrit le scénario de L’Âge d’Or dans la chambre d’amis – ou encore Man Ray – qui y a tourné son premier film surréaliste Les Mystères du château de Dé. Ils s’y réunissent, boivent, parlent, font du sport, tombent amoureux… créent aussi. Une effervescence qui marque le lieu d’une énergie particulière, comme en écho lointain et fantomatique à celle qui anime depuis ces vingt dernières années la villa.(Re)devenue, sous la direction de Jean-Pierre Blanc, un « centre d’art contemporain d’intérêt national », elle accueille les jeunes talents de la mode, du design, de l’architecture, de la photographie… Cette même effervescence imprégné le soir de la première de Ressusciter la rose. Mais quel est au juste l’esprit de ce lieu ?