Économie / Crise énergétique
Sobriété : impératif politique ou nouvel idéal ?
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Cet article est issu du numéro 162 de Philosophie magazine « Faut-il suivre son intuition ? », en kiosque le 25 août 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le 14 juillet, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’un plan de sobriété énergétique afin de faire face aux risques de pénuries annoncées. Mais que signifie le mot « sobriété » ? Réponses avec Thomas d’Aquin, Platon et Aristote.
Réduire notre consommation d’énergie est une exigence écologique. C’est aussi devenu une nécessité économique alors que l’entreprise russe Gazprom pourrait couper les robinets vers l’Europe. Emmanuel Macron s’alarme : « On doit rentrer collectivement dans une logique de sobriété » et « préparer un plan pour se mettre en situation de consommer moins » dans les administrations, les entreprises, mais également pour les particuliers.
La sobriété est donc le mot d’ordre de cette rentrée. On comprend pourquoi le président a choisi ce terme. On sait qu’il est opposé à la décroissance : « Ça n’est pas par la décroissance, ça n’est pas par la restriction qu’on arrivera […] à réduire nos consommations d’énergies », déclarait-il en février 2022. Les termes de privation ou d’austérité sont également tabous, tant ils rappellent de mauvais souvenirs à des Français qui voient leurs factures d’énergie s’envoler et leur pouvoir d’achat fondre. Il évite aussi les notions d’ascèse ou de continence, trop imprégnées de morale chrétienne.