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Tânia Stolze Lima. « La sensibilité de Lévi-Strauss à la pensée amérindienne est communicative »
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Cet article est issu du numéro 21 de Philosophie magazine « 21 - été 2008 », en kiosque le 03 juillet 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Claude Lévi-Strauss a ouvert les portes d’un monde sans « sauvages ». Ses héritiers – qu’ils soient romanciers, psychiatres ou ethnologues – empruntent ce passage pour renouveler leur approche.
Au Brésil, la figure de Claude Lévi-Strauss brille évidemment sur tous les anthropologues. La présence et la vigueur de son œuvre sont manifestes dans les études amazoniennes, même si elles explorent la pensée lévi-straussienne indépendamment des problèmes strictement structuralistes. Le fait est que l’ampleur, la complexité et la richesse de la pensée de Lévi-Strauss à l’égard des mythes amérindiens a ouvert un horizon entièrement nouveau pour l’étude des sociétés indigènes de l’Amérique du Sud tropicale. Le résultat, c’est que l’ethnographie amazonienne contemporaine peut en un sens être considérée comme une suite d’extensions et d’approfondissements ethnographiques des Mythologiques. En effet, la tétralogie de Claude Lévi-Strauss, qui a mis en lumière les questions soulevées par la pensée amérindienne, a favorisé des études approfondies sur les systèmes cérémoniaux des tribus amazoniennes, sur le rapport des structures sociales indigènes à leurs conceptions cosmologiques, sur leurs ontologies relationnelles, etc. L’ironie, c’est que si le structuralisme lévi-straussien a changé l’ethnographie pratiquée par ici, les ethnologues amazonistes, brésiliens ou non, ont pourtant développé des préoccupations différentes de celles qui furent à l’origine du structuralisme et lui donnèrent sa consistance. L’extraordinaire et admirable sensibilité de Lévi-Strauss à la pensée amérindienne est communicative. Et nous, nous commençons tout juste à explorer ce nouveau monde qu’il a découvert.