1_Souffrir pour être beau

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Cet article est issu du numéro 40 de Philosophie magazine « 40 - juin 2010 », en kiosque le 27 mai 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

De la diététique à la chirurgie en passant par le sport ou la cosmétique, l’industrie du relooking n’a de cesse de nous rappeler la vérité des temps présents : hier, don de la nature, la beauté est désormais affaire de volonté. À tort ou à raison ?

Le corps serait-il la première victime de la quête de la beauté ? Vêtements étriqués, diététique, cosmétique, sport, chirurgie même, on ne compte plus les efforts pour le conformer aux canons de la publicité et de la mode. Dans un monde où la beauté est une valeur et la laideur, un stigmate, dans un monde où être un canon relève d’une performance presque surhumaine, chacun souffre de ne pas être à la hauteur et est invité à se refaire une beauté, dans la souffrance s’il le faut. L’artificialisation du corps et la démultiplication des prothèses profitent au grand marché de la beauté. Avec toutes les questions éthiques que cela pose : une technique conçue pour restaurer l’intégrité du corps peut-elle être utilisée pour le redessiner au gré de nos envies ? Comme le souligne Élisabeth Azoulay, sociologue coordinatrice de 100 000 ans de beauté (Gallimard), une somme réunissant historiens, anthropologues et philosophes autour de la question « l’homme de demain sera une sorte d’hyper-Narcisse qui pourra pousser les pratiques de beauté jusqu’au relooking extrême ».

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