7 conceptions de la surveillance
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Cet article est issu du numéro 98 de Philosophie magazine « Qu’est-ce qu’être fort ? », en kiosque le 24 mars 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
De l’Antiquité à nos jours, les philosophes ont toujours gardé un œil sur vous.
Platon (v. 427.- v. 348 av. J.-C.)
Dans La République, Socrate décrit l’organisation idéale de la cité, avec, à sa tête, le philosophe-roi. Ce dirigeant désintéressé est défini comme un « gardien » pour lequel se pose la question de l’éducation destinée à forger un caractère ferme et sage. D’où l’idée qu’il y a des « choses que nos gardiens devront et ne devront pas entendre, dès leur enfance ». Une censure justifiée par le bien de la cité, dépendant de la vertu de ses gardiens.
Bentham (1748-1832)
Le philosophe utilitariste a inventé un dispositif de surveillance, d’abord destiné à régler le problème de la salubrité des prisons, le panopticon. Au centre, le gardien placé dans une tour, encerclé par les prisonniers dans leur cellule, qui savent qu’ils peuvent être observés, mais pas à quel moment. Bentham prévoit une forme de contrôle en ouvrant la prison à des inspecteurs, proches des prisonniers, « tous animés de motifs différents ».