Le livre du jour

Attendre : épreuve ou plaisir ?

Temps de lecture : 5 min

Attendre : épreuve ou plaisir ?

© Brooke DiDonato/Agence VU

Cet article est réservé aux abonnés.

Nous passons une bonne partie de nos journées à attendre. Dans les transports, au travail, à la maison… Mais les individus hyper-pressés que nous sommes devenus sont-ils encore prêts à patienter ? C’est indispensable ! répond la philosophe Sandrine Alexandre. Voici pourquoi.


 

À la caisse d’un supermarché en fin de journée, aux urgences d’un hôpital, à l’arrêt de bus ou dans la station de métro, à la pharmacie du coin, au comptoir d’embarquement, dans la file au cinéma… nous ne cessons d’attendre. Ce geste est trivial, répété à l’infini. On attend aussi mentalement – un verdict, un coup de fil, un message. Le spectre de l’attente est un démon de notre époque. « On attend que le vent tourne, que les choses s’arrangent, que ça passe ; on attend aussi des autres qu’ils renoncent aux attentes qu’ils font parfois peser si lourdement sur nous », observe Sandrine Alexandre dans une réflexion sur le sens de ce geste, L’Attente, ou l’art de perdre patience (L’Harmattan, 2023).

© Éditions L’Harmattan

© Éditions L’Harmattan

L’attente est pourtant peu abordée en philosophie. Trop triviale, peut-être… Elle mobilise pourtant une vertu essentielle, la patience, donc le temps, très souvent exploré d’Augustin à Emmanuel Levinas, entre autres. L’attente pose en réalité des questions fondamentales : sommes-nous condamnés à attendre, avec espoir ou bien avec frustration ? Que faire quand on ne peut plus rien faire d’autre qu’attendre ? Ne peut-on en tirer, parfois, de la jouissance ? C’est l’hypothèse de Sandrine Alexandre.

Cet article est réservé aux abonnés
Cliquez donc sans attendre !