Benoît Schneckenburger. Gardien du corps politique
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Cet article est issu du numéro 110 de Philosophie magazine « Quelle part d’enfance gardons-nous ? », en kiosque le 01 juin 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
C’est un alliage qui peut surprendre : garde du corps de Jean-Luc Mélenchon, responsable du service d’ordre de La France insoumise… et professeur de philosophie, féru d’Épicure.
« Dans les manifestations d’aujourd’hui, mieux vaut être chaudronnier que prof de philo. Donc, je dénote. Mais comme le dit Hobbes dans le Léviathan : on est tous égaux en force ; pour autant qu’il sait l’utiliser, le plus faible peut ruser et vaincre le plus fort. » Svelte, de taille moyenne, légèrement dégarni, Benoît Schneckenburger est, lui, plutôt du genre concentré que rusé. « J’ai toujours pensé que le service d’ordre est une tâche politique. La politique, ce n’est pas un colloque d’universitaire, il y a de la violence, mais pour la maîtriser, il faut de l’intelligence. » En cette fin de matinée de mai, on le retrouve à Paris dans un café de la rue de Dunkerque, en face du quartier général de Jean-Luc Mélenchon. « Même si nous n’avons pas pu nous qualifier pour le second tour et qu’il a été difficile d’adopter une attitude unanime face au duel Le Pen-Macron, cette campagne est un grand succès. Après quarante années où l’idéologie néolibérale s’était emparée de nos corps comme de nos esprits, on a gagné la bataille de l’hégémonie culturelle au sens de Gramsci. À la fin, même le Front national s’est aligné sur nous ! » Ce docteur en philosophie est aussi ceinture noire de karaté : « En japonais, kara veut dire “main”. À l’origine, le karaté est un sport de voyous et de paysans, ceux qui ne disposaient pas d’armes comme les samouraïs et ont décidé de se battre avec leurs mains. »