La notion

Biocratie

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Biocratie

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Cet article est issu du numéro 162 de Philosophie magazine « Faut-il suivre son intuition ? », en kiosque le 25 août 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Trop anthropocentrique, la démocratie ? Les essayistes Aliocha Imhoff et Kantuta Quirós proposent justement, dans Qui parle ? (pour les non-humains) (PUF, 2022), de troquer cette vieille notion de la philosophie politique occidentale pour un autre : la « biocratie », fondée sur « l’idée que nous devrions intégrer les non-humains dans notre communauté politique » afin de prendre davantage en compte leurs intérêts multiples. Le concept, qui se développe dans le monde anglo-saxon depuis les années 1990, est à vrai dire bien plus ancien. On le retrouve dès le XIXe siècle sous la plume de philosophes positivistes, dont Alfred Fouillée. Chez lui, la biocratie prend le sens de « l’alliance de tous les êtres vivants assimilables avec l’homme pour lutter contre la mort ». Au contact de la théorie darwinienne de l’évolution, la biocratie devient un nouvel horizon de gouvernement, censé renouer avec les lois de la nature – à commencer par la sélection naturelle des plus aptes – que l’homme aurait oubliées du fait d’une civilisation « déviante »… Elle devient ainsi l’idéal de certains théoriciens de l’eugénisme. Sous ses dehors attrayants, n’oublions pas cet héritage douteux !