La notion

“Biorégionalisme”

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“Biorégionalisme”

©Polina Kuzovkova/unsplash

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Cet article est issu du numéro 167 de Philosophie magazine « Est-ce qu’on travaille trop ? », en kiosque le 16 février 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Comment changer le politique à l’ère de la crise environnementale ? Parmi les réponses proposées, le biorégionalisme a le vent en poupe et soulève le débat au sein de la gauche américaine. Le concept n’est pas neuf, mais sa diffusion a longtemps été confidentielle. L’essayiste éco-anarchiste Peter Berg et le biologiste Raymond Dasmann en développent les principes dans le texte « Réhabiter la Californie » (1978) : nos cadres politiques, économiques et sociaux ne correspondent pas aux frontières changeantes des régions naturelles. La « destructivité de la société technologique » s’enracine dans ce décalage. Vivre à l’échelle du milieu, à l’instar des peuples autochtones, permet au contraire de « conserver des échanges équilibrés avec sa région d’accueil ». Pour Berg et Dasmann, il est nécessaire d’apprendre à « réhabiter », à « vivre in situ ». « Cela signifie […] devenir conscient des relations écologiques particulières qui opèrent au sein de ce milieu » et concevoir l’activité humaine – produire, échanger, construire… – en harmonie avec ce milieu, ses conditions climatiques, ses matériaux… Ce qui implique aussi une redéfinition souple des frontières politiques et administratives.