Blaise Pascal vu par Elsa Godart
Illustration : © Jules Julien pour PM
« Aucune traversée de la vie ne peut nous épargner la douleur, mais c’est aussi précisément dans ces moments-là que nous avons accès à une vérité qui ne s’apprend ni dans les livres ni via la raison. » Voilà l’enseignement le plus précieux que la philosophe et psychanalyste Elsa Godart retient de l’œuvre de Blaise Pascal qui l’accompagne tout le temps dans sa vie: « Quand je sens que ne peux compter que sur moi, seule au milieu du monde, alors je me saisis des Pensées, je les ouvre et je m’y réfugie. »
Et qu’y trouve-t-elle ? L’idée qu’il existe, à côté des vérités de raisonnement, démontrables et objectives, des vérités subjectives qui relèvent de ce que Pascal appelait le « cœur » et que Godart appelle « la sincérité » : « Une vérité à laquelle il n’est pas possible de détourner le regard même en cherchant à s’en divertir, affirme-t-elle, car elle finit toujours par nous rattraper : on ne dupe pas la vie elle-même. »
Cette expérience de la sincérité avec soi, pour lequel elle constate un goût de plus en plus fort dans la vie sociale contemporaine, peut même être, selon Elsa Godart, le ressort d’une véritable éthique.
Une relecture de la pensée de Pascal à découvrir.